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Publication nouvelle

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Ci-joint, deux affichettes publicitaires, que vous pouvez imprimer/éparpiller où bon vous semblera : GRAND FORMAT ; PETIT FORMAT.

Merci !

épigramme 12, de Phlaccos

(12) ΦΛΑΚΚΟΥ

Ἄρτι γενειάζων ὁ καλὸς καὶ στερρὸς ἐπασταῖς

παιδὸς ἐρᾷ Λάδων. Σύντομος ἡ Νέμεσις.

*

De Phlakkos.

Aujourd’hui barbucillant, le bel et inflexible envers les amants

Ladon aime un garçon. Rapide, la Revanche !

*

La « Revanche » (Némésis) est une déesse personnifiée, d’où l’emploi de la majuscule dans la traduction. Bien qu’elle soit chargée d’équilibrer le monde en dispensant la justice, elle est plus souvent invoquée quand il s’agit de punir les méchants et de châtier la démesure. On aurait pu traduire la dernière phrase par « Expéditive, la Justice ! »

 

Hôtel Flaubert

épigramme 9, du même

(9) Τοῦ αὐτοῦ.

Ἄρτι καλός, Διόδωρε, σύ, καὶ φιλέουσι πέπειρος·

ἀλλὰ καὶ ἢν γήμῃς, οὐκ ἀπολειψόμεθα.

*

Du même.

Aujourd’hui tu es beau, Diodore, à point pour être aimé ;

et même, hé !, si tu te maries, nous n’abandonnerons pas.

La soirée-sushi vue par Proust

  Vous pouvez commander le recueil ici : https://www.amisdeproust.fr/index.php/fr/concourspastiches, qui ne coûte pas très cher

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Courte oraison funèbre à Jean d’Ormesson

Nous dirons malgré tout que cette vie fut belle. Cette vie dont il serait vain de rappeler les innombrables épithètes, car c’est Immortel que Jean d’Ormesson nous a quittés, Immortel que restera dans nos mémoires cet homme, ce père, cet ami. Un guide, aussi, guide des égarés que nous sommes sur cette machine ronde, dont un repère s’est tu cette nuit. C’est par le cœur que cet amoureux devait partir ; amoureux des femmes, des beautés, de l’amour, amoureux dont les palmes et la plume académiques n’ont cessé de nous émouvoir.

Jean d’Ormesson n’était pas un monument. C’était un homme vivant, doté de cet appétit de vie dont témoigne chacune de ses œuvres, doué de cette joie de vivre qu’attestait chacune de ses apparitions. Quel artiste de la conversation l’éloquence perd-elle ! Mais les lettres reçurent un grand esprit, faisant des jeux de mots en métaphysique et de la philosophie en fatrasie. À l’image de sa vie, notre souvenir sera celui d’un touche-à-tout élégant.

Qu’au fracas de cette funèbre nouvelle, ne se tendent de noir l’Académie, les librairies, toutes les bibliothèques ? Que toutes les plumes, les imprimeries, la presse se taisent ! Que ne s’entende plus distinctement le gémissement de la langue française, qui doit continuer son chemin sans un de ses plus nobles chevaliers.

Ce départ en un éclair, si brusque volonté du ciel, ne doit nous étonner qu’à moitié, pour un amateur de voitures et de vitesse, cet homme de la cité habitué à la hâte du monde. Il n’était pas de la tour d’ivoire, cet homme qui charma tous ceux qui purent le rencontrer, et fascina tous ceux qui ne le rencontrèrent pas. Souvenez-vous-en, ou imaginez, sa bienveillance, sa générosité. Ses yeux pétillants, son sourire chaleureux, son air amical, qui réchauffaient même les plus acariâtres.

S’il traversa quatre-vingt-douze hivers, c’est un faible nombre face à tous les printemps qu’il fit fleurir, et que son œuvre continue de semer. Si ce froid l’a vu disparaître, il ne l’a pas éteint : son tempérament de feu, semblable aux phares de l’Antiquité, continue d’éclairer la vaste mer.

Ainsi dans nos exodes nous précèdent ses paroles, ostendadam viam per diem in columna nubis et per noctem in columna ignis : pour éclairer le chemin, colonne de nuage le jour, la nuit colonne de feu, pour suivre nos routes. Jean d’Ormesson est plus proche de la divinité, dont le nom change mais l’idée demeure.

De même son œuvre, variée et constante, bouleversante et conservatrice, somme d’innovations et encyclopédie de permanences, nous rapproche de l’éclat des lettres. Comme La Fontaine, Jean d’Ormesson rénovait la littérature tout en la consolidant. Et de romans en essais, de tentatives en poèmes, de proses en dialogues s’est établie une défense et illustration de la langue française, qui fit de ce grand homme l’Immortel auquel nous pensons tous, ce soir.

D’autres détailleront les qualités de ses écrits, d’autres célèbreront ses métiers, d’autres chanteront d’infinies louanges, car les langues se délient facilement quand l’émotion étreint la gorge. Oui, un homme nous a quitté, que rien ne nous permettra de retrouver, sinon les prières de nos cœurs.

Vous, que nous avions le droit d’appeler « Jean d’O », ne nous parlerez plus, mais nous continuerons de vous écouter. Par la grâce que vous insufflez à chaque lecteur, nous entendrons ces jolis mystère à demi-cachés dans vos livres. Et la gloire d’avoir été précédés par un esprit si lumineux nous donnera le courage de continuer l’exploration du monde et ses beautés.

Nous vous découvrirons ou vous retrouverons en lisant votre œuvre. Et quand nous aurons fini la nôtre, nous vous rejoindrons dans les siècles des siècles.

*

Poème de Claude Frelon

Claude Frelon est l’archidiacre de Fourvière.

*

Le parvis était blanc, froid de ma solitude,

Mais d’un geste soudain ton corps obscur et vif

Alluma dans mon cœur et dans l’hiver si rude

Une flamme si noire à qui je suis rétif.

 

Tes cheveux sont des lacs qui m’ont tout attaché

Ton danser infernal un si lascif blasphème

Que j’en suis faible proie ; et mon cœur arraché

Saigne à tes pieds vaincu, brisé, exsangue et blême.

 

J’ai beau prier le ciel, Lucifer me condamne

Car tu es son serpent marchandant l’illusion ;

Tu en es au printemps, j’en suis à mon automne :

Jamais je ne pourrais assouvir ma passion.

 

On va rire de moi jusqu’à Caluire-et-Cuire

Car partout je pressens que tu vas me détruire.

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