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Le loup et l’agneau, Phèdre

Ad rivum eundem Lupus et Agnus venerant
Siti compulsi ; superior stabat Lupus
Longeque inferior agnus. Tunc fauce improba
Latro incitatus iurgii causam intulit.
«Cur» inquit «turbulentam fecisti mihi
Aquam bibenti?» Laniger contra timens:
«Qui possum, quaeso, facere, quod quereris, lupe?
A te decurrit ad meos haustus liquor».
Repulsus ille veritatis viribus:
«Ante hos sex menses male» ait «dixisti mihi».
Respondit agnus: «Equidem natus non eram».
«Pater hercle tuus» ille inquit «male dixit mihi».
Atque ita correptum lacerat iniusta nece.

Haec propter illos scripta est homines fabula,
Qui fictis causis innocentes opprimunt.

*

Au même ruisseau, un loup et un agneau étaient venus,
Poussés par la soif ; le loup se tenait en amont
Et l’agneau en aval. Alors, par son instinct vorace
Excité, le brigand leva un prétexte de querelle.
« Pourquoi », dit-il, « Troubles-tu l’eau

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Le loup et l’agneau, Ésope

 

Λύκος ἀρνίον ἐδίωκε· τὸ δὲ εἴς τι ἱερὸν κατέφυγε. Προσκαλουμένου δὲ αὐτὸ τοῦ λύκου καὶ λέγοντος ὅτι θυσιάσει αὐτὸ ὁ ἱερεύς, εἰ καταλάβῃ, τῷ θεῷ, ἐκεῖνο ἔφη· «Ἀλλ᾿ αἱρετώτερόν μοί ἐστι θεοῦ θυσίαν γενέσθαι ἢ ὑπὸ σοῦ διαφθαρῆναι.»
Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι οἷς ἐπίκειται τὸ ἀποθανεῖν κρείττων ἐστὶν ὁ μετὰ δόξης θανατος.

*

Un loup poursuivait un agneau, qui se réfugia dans un temple. Comme il était invité à en sortir par le loup, qui disait que le prêtre allait le tuer, en sacrifice au dieu, il répondit : « Mais, il me plaît mieux de mourir pour le dieu, que d’être égorgé par toi. »

Cette fable dit qu’il vaut mieux, s’il est nécessaire de mourir, de choisir la mort pour la gloire.

épigramme 5, du même

(5) Τοῦ αυτοῦ

Τοὺς λευκοὺς ἀγαπῶ, φιλέω δ’ ἅμα τοὺς μελιχρώδεις

καὶ ξανθούς, στέργω δ’ ἔμπαλι τοὺς μέλανας.

Οὐδὲ κόρας ξανθὰς παραπέμπομαι· ἀλλὰ περισσῶς

τοὺς μελανοφθάλμους αἰυλοφανεῖς τε φιλῶ.

*

Du même.

J’affectionne les blancs, j’apprécie aussi les caramels

et bronzés, je chéris autant les noirs.

Et je ne dédaigne pas les pupilles blondes, mais bien plus

j’apprécie les yeux noirs brillants comme le jour.

épigramme 15 de Straton de Sardes

(15) ΣΤΡΑΤΩΝΟΣ

Εἰ Γραφικοῦ πυγαῖα σανὶς δέδαχ’ ἐν βαλανείῳ,

ἄνθρωπος τί πάθω; καὶ ξύλον αἰσθάνεται.

*

De Straton.

Une planche mordit les fesses de Graphique, au bain ;

que vais-je souffrir, moi humain, si même le bois en est excité ?

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Source : Anthologie Grecque, livre 12, les Belles Lettres.

Le corbeau et le renard, Phèdre

Qui se laudari gaudet verbis subdolis,
Fere dat poenas turpes poenitentia.
Cum de fenestra corvus raptum caseum
Comesse vellet, celsa residens arbore,
Vulpes hunc vidit, deinde sic coepit loqui:
«O qui tuarum, corve, pennarum est nitor!
Quantum decoris corpore et vultu geris!
Si vocem haberes, nulla prior ales foret».
At ille stultus, dum vult vocem ostendere,
Emisit ore caseum, quem celeriter
Dolosa vulpes avidis rapuit dentibus.
Tunc demum ingemuit corvi deceptus stupor.

*

Ceux qui se plaisent aux louanges trompeuses,
Font pénitence, mais trop tard et dans la honte.
Un corbeau ayant dérobé un fromage sur une fenêtre
Afin de le mander, alla au haut d’un arbre,
Un renard le vit, et lui commença à lui dire :

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Le corbeau et le renard, Ésope

Κόραξ κρέας ἁρπάσας ἐπί τινος δένδρου ἐκάθισεν. Ἀλώπηξ δὲ θεασαμένη αὐτὸν καὶ βουλομένη τοῦ κρέατος περιγενέσθαι στᾶσα ἐπῄνει αὐτὸν ὡς εὐμεγέθη τε καὶ καλόν, λέγουσα καὶ ὡς πρέπει αὐτῷ μάλιστα τῶν ὀρνέων βασιλεύειν, καὶ τοῦτο πάντως ἂν ἐγένετο, εἰ φωνὴν ἔχειν. Ὁ δὲ παραστῆσαι αὐτῇ θέλων ὅτι καὶ φωνὴν ἔχει, ἀποβαλὼν τὸ κρέας μεγάλα ἐκεκράγει. Ἐκείνη δὲ προσδραμοῦσα καὶ τὸ κρέας ἁρπάσασα ἔφη· «Ὦ κόραξ, καὶ φρένας εἰ εἶχες, οὐδὲν ἂν ἐδέησας εἰς τὸ πάντων σε βασιλεῦσαι.»
Πρὸς ἄνδρα ἀνόητον ὁ λόγος εὔκαιρος.

*

 Un corbeau avait dérobé un morceau de viande, et s’était perché sur un arbre. Un renard, l’apercevant, décida de lui dérober le morceau de viande, vint se tenir face à lui, et se mit à parler de sa beauté, de sa prestance, et même dit-il que de tous les oiseaux il méritait d’être le roi, et qu’il le serait, s’il avait une voix. Celui qui entendait cela, pour montrer qu’il a de la voix, laissa tomber le morceau de viande, croacroassa bien fort. Alors, l’autre se jette sur le morceau de viande, et dit : « Ô, Corbeau, si tu avais un cerveau, tu serais roi de toute faune, sans faute ! »

Cette fable concerne les hommes écervelés.

*

J’ai décidé de traduire « ἐκεκράγει » par « craocroassa », le redoublement me semblant plus proche de l’effet grec.

La Besace/Des vices des hommes, Ésope/Phèdre

Les deux besaces

Προμηθεὺς πλάσας ποτὲ ἀνθρώπους δύο πήρας ἐξ αὐτῶν ἀπεκρέμασε, τὴν μὲν ἀλλοτρίων κακῶν, τὴν δὲ ἰδίων, καὶ τὴν μὲν τῶν ὀθνείων ἔμπροσθεν ἔταξε, τὴν δὲ ἑτέραν ὄπισθεν ἀπήρτησεν. Ἐξ οὗ δὴ συνέβη τοὺς ἀνθρώπους τὰ μὲν ἀλλότρια κακὰ ἐξ ἀπόπτου κατοπτάζεσθαι, τὰ δὲ ἴδια μὴ προορᾶσθαι.
Τούτῳ τῷ λόγῳ χρήσαιτο ἄν τις πρὸς ἄνδρα πολυπράγμονα, ὃς ἐν τοῖς ἑαυτοῦ πράγμασι τυφλώττων τῶν μηδὲν προσηκόντων κήδεται.

 *

Prométée, après avoir façonné les hommes, leur accrocha deux besaces sur les épaules : l’une revenait les maux des autres, l’autre recevait les maux propres ; et cette besace-là

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