Κόραξ κρέας ἁρπάσας ἐπί τινος δένδρου ἐκάθισεν. Ἀλώπηξ δὲ θεασαμένη αὐτὸν καὶ βουλομένη τοῦ κρέατος περιγενέσθαι στᾶσα ἐπῄνει αὐτὸν ὡς εὐμεγέθη τε καὶ καλόν, λέγουσα καὶ ὡς πρέπει αὐτῷ μάλιστα τῶν ὀρνέων βασιλεύειν, καὶ τοῦτο πάντως ἂν ἐγένετο, εἰ φωνὴν ἔχειν. Ὁ δὲ παραστῆσαι αὐτῇ θέλων ὅτι καὶ φωνὴν ἔχει, ἀποβαλὼν τὸ κρέας μεγάλα ἐκεκράγει. Ἐκείνη δὲ προσδραμοῦσα καὶ τὸ κρέας ἁρπάσασα ἔφη· «Ὦ κόραξ, καὶ φρένας εἰ εἶχες, οὐδὲν ἂν ἐδέησας εἰς τὸ πάντων σε βασιλεῦσαι.»
Πρὸς ἄνδρα ἀνόητον ὁ λόγος εὔκαιρος.

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 Un corbeau avait dérobé un morceau de viande, et s’était perché sur un arbre. Un renard, l’apercevant, décida de lui dérober le morceau de viande, vint se tenir face à lui, et se mit à parler de sa beauté, de sa prestance, et même dit-il que de tous les oiseaux il méritait d’être le roi, et qu’il le serait, s’il avait une voix. Celui qui entendait cela, pour montrer qu’il a de la voix, laissa tomber le morceau de viande, croacroassa bien fort. Alors, l’autre se jette sur le morceau de viande, et dit : « Ô, Corbeau, si tu avais un cerveau, tu serais roi de toute faune, sans faute ! »

Cette fable concerne les hommes écervelés.

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J’ai décidé de traduire « ἐκεκράγει » par « craocroassa », le redoublement me semblant plus proche de l’effet grec.